像香港一樣抗爭

Manifestations

雨傘運動以及其它抗議活動也是如此。主張民主、更多的自由,更多的權利。工人遊行在其口號中宣稱要尊重自己的權利,支付他們應得的津貼。 堅定、勇敢的工人,不被鎮壓所威嚇,逮捕也不能阻止他們行動,即使讓他們失去工作,他們也不想放棄贏得自己的權利。

《喊叫與耳語》(Outcry and Whisper)運用了各種形式來結構其主題,從最傳統的訪談到最具創造力的影像,如同一部奇幻作品,影片中運用了動畫,也有對真實狀態的直接捕捉。例如,電影中展示了一位紡織女工在工廠裡艱辛、重複、單調的工作。

女工的訪談,使我們傾聽到她們迫切的呼聲。它們是以相同的方式構圖,固定的機位並以低角度拍攝。女工們細緻、精確的描述了她們的抗爭行動。示威遊行,面臨鎮壓,承擔失去工作的風險,但她們仍然決定頑強維護自己的權利。她們已然感受到了自己的權利,她們不會屈服。

影片是女性群像的呈現,其中一位佔有特殊地位。她(曾金燕)在香港大學攻讀學業,正在撰寫有關中國公民運動的論文。此外,她的拍攝方式與其他人不同,她面對攝像頭,屏幕上呈現時縮小了尺寸,如同黑牆上的窗口,她喃喃自語,向看不見的對話者傾述。很明顯,這是自我拍攝的私密視頻。我們還看到她在公寓照顧她的小女孩,她們一塊去學校的路上。與其它章節相比,這部分拍攝更加私密,更加生動,更側重於女性的工作及其情感。

這些女性的段落佔據了電影的大部分時間,但是,它們遠沒有耗盡電影的視覺豐富性。毫無疑問,通過「雨傘運動」的示威者與警察的對峙拍攝,這成為一個章節。從高角度,我們看到警察的頭盔,猛烈地撕開雨傘織物,示威者與他們混戰,而音樂持續且重複的節奏,使其幾乎成為搖滾,將我們帶入了另一個維度,參加一場激情派對。

很難完全說出所有這部獨特電影的原始創意。一些段落令人印象深刻,在城市建築物上空進行的航拍,在這些建築物之間沉入黑暗的輪廓,足以讓人聯想到此時在香港發生的一系列自殺事件。繪製或合成圖像中的動畫,有時會破壞電影圖像的統一性,但這些都是導演故意編排的。另外,曾的裸體照片,加上印在其上的抗爭投影,製造出斑駁陸離的效果,藝術性的呈現真實。

電影中以兩段女性行為藝術現場來呈現當代藝術。片首女性藝術家趙躍的特寫鏡頭,她用刮鬍刀割劃自己的臉,鮮血的線條形成了奇特的格子面具。第二個是在香港大街上,一條長長的汽油軌跡,女藝術家杜越將頭用繃帶覆蓋,表演以點燃這條火線結束。這兩件作品都震撼了現場公眾和電影觀眾。

然後,上班的女工的場景,一系列驚人的可塑性歸因於被掩蓋的女人正在處理的工作中的機器。她重複的手勢,將白線軸放置在面前的機器格中,她在機器間緊張、穿梭的身影,構成驚人的編舞,這是卓別林《大都會》的現代版本。該工廠的鏡頭以另一個參考結尾,離開工廠的工人朝向鏡頭走來。

總而言之,這部電影是對女性鬥爭的頌歌,是對女性抵抗和挑戰她們所遭受的不公正待遇的贊歌。

谷歌翻譯,聞海校對

原法文鏈結已屏蔽,原文現附於後

H COMME HONG KONG – Manifestations.

Outcry and whisper. Wen Hai, Jingyan Zeng, Trish McAdam, Hong Kong-Chine, 2020, 100 minutes

Le mouvement des parapluies. D’autres manifestations aussi. Pour réclamer la démocratie. Plus de liberté, plus de droits. Des cortèges d’ouvrières réclamants dans leurs slogans le respect de leur droit. Le paiement de leurs allocations qui leur sont dues. Des ouvrières déterminées, combatives. Que la répression n’intimide pas. Les arrestations ne les découragent pas non plus. Et même si elles perdent leur travail, elles ne veulent pas renoncer à obtenir gain de cause.

Outcry and whisper, traite son sujet de bien des manières différentes, des plus traditionnelles – des entretiens – aux plus inventives, à la limite du fantastique – des animations 3D – en passant par des séquences de pure captation du réel comme le filmage d’une ouvrière au travail dans une usine de textile.

Les entretiens nous mettent en présence de plusieurs ouvrières, cadrées toutes de la même façon – en plan fixe et en légère contre-plongée. Elles évoquent avec beaucoup de détails leurs action, les manifestations, la répression, les risques qu’elles prennent de perdre leur travail. Mais elles affirment avec force leurs droits. Elles se sentent dans leur droit. Elles sont déterminées à ne rien céder.

Parmi ces femmes, l’une d’entre elles occupe une place particulière dans le film. Une jeune étudiante qui veut continuer ses études à Hong Kong – elle fait une thèse sur les formes d’activisme social en Chine. Elle n’est d’ailleurs pas filmée de la même façon que les autres. Elle fait face à la caméra de son ordinateur – l’image est alors de taille réduite sur l’écran – et parle à un interlocuteur invisible. Mais il est clair que le plus souvent elle s’adresse au spectateur du film. Nous la voyons aussi dans son appartement, s’occupant de sa petite fille ou dans les rues lorsqu’elle la conduit à l’école. Un filmage beaucoup plus intime et donc vivant que les autres entretiens, plus centrés eux sur le travail des femmes et leurs revendications.

Mais si ces entretiens avec ces femmes occupent la majorité du temps du film, ils sont loin d’en épuiser la richesse visuelle. Le filmage des affrontements des manifestants du mouvement des parapluies avec les forces de l’ordre est sans doute destiné à devenir une pièce d’anthologie, par son cadrage stupéfiant – en plongée, nous dominons les casques des policiers arrachant violemment les toiles des parapluies des manifestants au corps à corps avec eux. Et par la musique au rythme soutenu et répétitif qui en fait une quasi chorégraphie qui nous plonge dans une autre dimension.

Il est difficile de citer toutes les trouvailles originales qui jalonnent ce film à nul autre pareil. On se souviendra pourtant des contre-plongées verticales sur les immeubles de la ville entre lesquelles la chute d’une silhouette sombre suffit à évoquer la série de suicide qui eut lieu alors à Hong Kong.

Des animations, soit dessinées soit en images de synthèse, viennent par moment rompre l’unité des images filmiques. Des photos aussi de la jeune étudiante, sur lesquelles sont ajoutées des traces de peinture, ont une véritable dimension artistique.

L’art contemporain est d’ailleurs présent dans le film, sous la forme de deux performances. La première en pré-générique dans laquelle l’artiste, filmé en gros plan, se fait des entailles sur son visage avec une lame de rasoir, les lignes de sang dessinant un étrange masque de souffrance contenue. La deuxième est la réalisation dans une rue d’une longue ligne de peinture réalisée avec la tête de l’artiste recouverte de bandage. La performance de termine par la mise en feu de cette ligne. De quoi bousculer le public présent et les spectateurs du film.

Et puis il y a le filmage de l’ouvrière au travail, une séquence d’une plasticité étonnante due uniquement aux machines sur lesquelles s’affaire la femme masquée. Ses gestes répétitifs – elle dépose des bobines de fil blanc dans les alvéoles de la machine devant elle – composent également une chorégraphie étonnante, une version moderne des Temps Moderne de Chaplin. Cette séquence de l’usine se termine d’ailleurs par une autre référence : un plan où les ouvriers quittant l’usine se dirige vers la caméra.

Au total, ce film est une ode aux combats des femmes, à leur volonté de résistance et de contestation des injustices dont elles sont victimes.

Visions du réel 2020.